Obtenir justice pour Ruth Berry Peal

Egalité Maintenant vient d’émettre Action Femmes 37.1- Egalité Maintenant appelle le gouvernent du Libéria à adopter une loi pour protéger les femmes et les filles des mutilations génitales féminines (MGF) et obtenir justice pour Ruth Berry Peal, qui a été forcée de subir des MGF.  Egalité Maintenant est profondément préoccupé par les MGF au  Liberia, qui sont pratiquées par des sociétés clandestines ayant une grande influence. Ces sociétés clandestines ont également forcé des femmes appartenant à des communautés qui ne pratiquent pas les MGF, comme Ruth Berry Peal, à en être victimes. Veuillez rejoindre Egalité Maintenant  et exhorter le gouvernent libérien à adopter et appliquer une stricte loi contre les MGF; à faire cesser immédiatement la pratique de la délivrance de permis aux praticiens de MGF; et à obtenir justice pour Ruth Berry Peal.

Voici une traduction en français de la lettre qui sera envoyée au gouvernement libérien en anglais  :


Je vous écris pour exprimer ma profonde préoccupation face au taux élevé de mutilations génitales féminines (MGF) au Libéria. Il est estimé que plus de 58,2 pour cent des femmes libériennes ont subi des MGF, une pratique effectuée dans le cadre d'un rite d'initiation à la féminité par une société clandestine politiquement influente composée de femmes et dénommée société Sande. Beaucoup de filles sont soumises à des MGF dans les écoles traditionnelles de la société Sande. Je suis préoccupé d'apprendre que le Ministère de l’Intérieur libérien délivre des permis aux femmes qui dirigent ces écoles pour effectuer des MGF sur les écolières présentes.  

Les femmes appartenant à des communautés qui ne pratiquent pas les MGF peuvent également en être victimes, soit par le mariage avec un conjoint d’une communauté pratiquante, ou bien par la force comme ce fut le cas avec Ruth Berry Peal. Ruth a été soumise à cette pratique en 2010 en raison d'une décision rendue par un chef Gola arbitrant une dispute avec deux femmes d'une communauté pratiquant les MGF. Ruth a été emmenée par ces femmes de son domicile vers la « brousse » où elle a été mutilée de force. Elle a intenté un procès contre les deux femmes qui l’ont mutilée et, par conséquence, a reçu des menaces de la part de la communauté pour qu’elle abandonne la plainte.

La constitution libérienne garantit les droits à la vie, à la liberté et à la sécurité des personnes pour tous les libériens et libériennes et votre pays a ratifié divers traités régionaux et internationaux des droits humains qui visent à  garantir la protection des femmes et des filles de la pratique des MGF. Ces traités incluent le Protocole à la Charte africaine des droits et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique (Protocole de la femme), la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et la Convention relative aux droits de l'enfant. En dépit de tout cela, le gouvernement libérien n'a pas réussi à garantir la protection des femmes et des filles contre les mutilations génitales.

Significativement, je note que, lors de l'examen du rapport sur votre pays en 2009, le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (l'organisme qui veille au respect de la CEDAW), vous a appelé à « promulguer sans tarder […] une loi interdisant les mutilations génitales féminines et de veiller à ce que ses praticiens soient poursuivis et punis compte tenu à la gravité de la violation » et à « faire cesser immédiatement la délivrance de permis à des praticiens par le Ministère de l'Intérieur. » Le Comité a encouragé le Libéria à « élargir et accélérer la mise en œuvre des programmes destinés à sensibiliser les personnes qui gagnent leur vie en pratiquant les mutilations génitales féminines » et à « renforcer ses activités d’éducation et de sensibilisation à l’intention à la fois des femmes et des hommes, y compris les fonctionnaires de tous niveaux, les chefs et autres dirigeants traditionnels et communautaires […] en vue d’éliminer les mutilations génitales féminines et ses justification culturelle sous-jacentes.»

Je vous exhorte à prendre immédiatement des mesures comme le stipule votre obligation envers l'article 5 du Protocole à la Charte africaine des droits et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique et envers d'autres traités internationaux relatifs aux droits humains. Je vous exhorte aussi à adopter et appliquer une loi interdisant les MGF, à faire cesser immédiatement la pratique de la délivrance de permis aux praticiens de MGF, et à instituer d'autres procédures garantissant une protection contre les MGF pour toutes les femmes et filles du Libéria. Je demande aussi respectueusement que vous fassiez tout votre possible pour veiller à ce que Ruth Berry Peal bénéficie d'une protection et que celles et ceux qui l’ont soumise à des mutilations soient punis avec la peine maximale pour cette terrible agression.

Je vous remercie de votre attention

Cordialement,

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